• vendredi , 20 octobre 2017
Emploi et questions sociales dans le monde 2015

Emploi et questions sociales dans le monde 2015

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Les écarts de salaires dans le monde freinent l’économie mondiale
On estime la perte de salaires annuels à 1200 milliards de dollars en raison des 61 millions d’emplois qui font défaut depuis la crise.

L’expert de l’OIT Steven Kapsos décrit comment le cercle vicieux d’une croissance de l’emploi insuffisante, de dépenses de consommation et d’ investissement des entreprises trop faibles a conduit à une croissance économique globale morose.


Transcription

1 200 milliards de dollars. Soit 2 pour cent de la consommation annuelle dans le monde. La totalité des biens et des services consommés dans le monde. 1 200 milliards en parité de pouvoir d’achat, c’est plus que la production annuelle totale de l’Australie. Que représente donc ce chiffre de 1 200 milliards de dollars dans le rapport de l’OIT «Emploi et questions sociales dans le monde 2015»?

Il s’agit de notre estimation des salaires annuels perdus dans le monde à cause des emplois manquants, dont le nombre a augmenté depuis la crise économique de 2008 et 2009. Il y a maintenant dans le monde 30 millions de chômeurs de plus qu’avant la crise. Si on y ajoute les travailleurs découragés qui ont quitté le marché du travail, on estime le déficit d’emplois dans le monde à 61 millions.

61 millions de gens qui n’ont pas de travail actuellement et ne gagnent pas leur vie. 1 200 milliards de dollars de salaires. Ce rapport défend l’idée que ces salaires manquants dans le monde sont un élément essentiel du cercle vicieux de la faible croissance économique et de la faible croissance de l’emploi. Car près de 40 pour cent de ces salaires manquants se situent dans l’Union européenne, aux prises, plus que toute autre région, avec une faible croissance et un chômage élevé.

Nous estimons, et c’est important, que combler ce déficit d’emplois apporterait 3 700 milliards à l’économie mondiale – un coup de pouce de 3,6 pour cent à la production mondiale – car l’augmentation des salaires induirait plus de consommation dans le monde, et donc une augmentation des profits et des niveaux d’investissements.

Ces chiffres nous rappellent que, notamment dans les économies avancées qui se battent actuellement contre une faible croissance et des taux de chômage élevés, il faut considérer les politiques de l’emploi comme des politiques de croissance. Alors pour casser le cercle vicieux de la faiblesse de la croissance économique et des marchés du travail, les politiques devraient chercher à accélérer la reprise de l’emploi.

Parallèlement, ce rapport sur les changements de la nature des emplois montre aussi une augmentation du travail à temps partiel, une baisse de l’emploi permanent dans le monde et une croissance limitée de l’emploi salariée dans certaines régions en développement. Les politiques doivent en tenir compte et reconnaître que l’expansion de l’emploi en soi, sans tenir compte de la sécurité des revenus des travailleurs ni de leur protection sociale, ne va probablement pas soutenir de façon significative et durable la demande globale dans le monde.

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