• dimanche , 19 novembre 2017

Les nouveaux engagements du Qatar sur les droits des travailleurs marquent une percée vers l’abolition de la kafala

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La Confédération syndicale internationale (CSI) se félicite du pas décisif qui a été franchi par le

gouvernement du Qatar vers l’abolition du système de visa par parrainage ou

kafala, qui relève de l’esclavage moderne. La CSI prévoit d’autres réunions

avec le ministre du Travail du Qatar concernant la mise en œuvre des droits

des travailleurs pour les quelque deux millions de migrants qui travaillent

dans cet État du Golfe persique.

 

« La nouvelle directive du Qatar signale l’amorce de vraies réformes qui

mettront fin au recours à l’esclavage moderne et mettront le pays en bonne

voie pour remplir ses obligations légales internationales en matière de

droits des travailleurs. Suite aux discussions de Doha, on voit se dessiner

un engagement clair du gouvernement en vue d’une normalisation des

protections du travail pour les travailleurs migrants », a indiqué la

secrétaire générale de la CSI, Sharan Burrow.

 

« Ces initiatives ont le soutien de la CSI et nous espérons que l’OIT

contribuera aussi de son savoir-faire technique dans le cadre de la mise en

œuvre. Il reste beaucoup à faire, mais ces mesures ont ouvert la voie pour

que les travailleurs soient traités avec dignité et pour que leur vie et

leurs moyens de subsistance soient protégés », a-t-elle ajouté.

 

La nouvelle directive et les engagements pris par le gouvernement

démantèlent le système de kafala qui a piégé des millions de travailleurs

migrants au Qatar. Les six dispositions prévoient :

 

  • L’enregistrement des contrats d’emploi auprès d’une autorité

gouvernementale afin de prévenir la substitution de contrats ;

l’interdiction de la pratique consistant à ce que les contrats d’emploi des

migrants soient annulés à leur arrivée dans le pays et substitués par un

emploi différent, généralement moins bien rémunéré.

  • La fin de la pratique permettant à des employeurs d’empêcher leurs

employés de quitter le pays.

  • La prescription d’un salaire minimum en tant que taux de base couvrant

tous les travailleurs, mettant par-là même fin au système de rémunération

basé sur la race.

  • La délivrance des papiers d’identité directement par l’État du Qatar et la

fin de la dépendance des travailleurs vis-à-vis de leur employeur pour la

délivrance de leur carte d’identité, sans laquelle ils peuvent se voir

refuser l’accès aux services de santé.

  • La constitution de comités de travailleurs dans chaque lieu de travail, où

les travailleurs éliront leurs propres représentants.

  • L’établissement d’un comité spécial de règlement des différends doté d’un

échéancier et chargé de traiter les griefs, en tant qu’élément central en

vue d’une résolution rapide des plaintes.

 

« La CSI a demandé incessamment au Qatar d’abolir l’esclavage moderne et de

faire de la Coupe du monde FIFA 2022 une coupe du monde respectueuse des

droits de tous les travailleurs. Elle a appelé le gouvernement à abolir le

système de permis de sortie, à instaurer un salaire minimum pour éliminer la

discrimination salariale basée sur la race, à autoriser la représentation

des travailleurs, à éliminer la substitution de contrats et à établir, à la

place, une procédure de grief pour le règlement des différends.

 

Ces conditions ont été remplies et nous félicitons l’Émir et le ministre du

Travail du Qatar de leur engagement à moderniser leur système de relations

du travail », a déclaré Sharan Burrow.

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