• jeudi , 18 janvier 2018

Honduras : Répression policière contre des manifestations pacifiques suite aux révélations de fraude électorale

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La CSI a condamné le recours à la violence par les forces de sécurité de l’État du Honduras contre ses
propres citoyens au lendemain des élections présidentielles. Le pays
d’Amérique centrale s’est rendu aux urnes le 26 novembre au milieu d’un flot
de controverses et de plaintes de fraude électorale.
Les résultats partiels annoncés dans la nuit du 26 novembre donnaient le
candidat de l’opposition Salvador Nasralla en tête avec cinq points de
pourcentage d’avance sur le président en fonctions Juan Orlando Hernández,
qui briguait un nouveau mandat. Les votes ont fait l’objet d’un décompte
extrêmement minutieux au cours des jours qui ont suivi, jusqu’à ce qu’une
panne informatique ne vienne provoquer le verrouillage de l’ordinateur du
tribunal électoral durant plus de 36 heures. Quand le système fut restauré,
Hernández avait subitement dépassé Nasralla au scrutin.
La preuve manifeste d’ingérence dans le processus de décompte a poussé des
centaines de milliers de personnes à descendre dans la rue pour manifester
leur colère. Le gouvernement a réagi en imposant un état d’exception,
restreignant les libertés civiles. En plus de cette mesure, de nombreuses
sources ont fait état de violations flagrantes des droits humains, y compris
l’utilisation de munitions réelles par les personnels militaires, des
détentions sommaires et la déportation de journalistes. Au moins 11
personnes auraient été tuées au cours des dernières semaines.
« La population hondurienne est indignée », a indiqué Joel Almendares,
secrétaire général de la Confédération unitaire des travailleurs du Honduras
– (CUT-H). « La répression violente des manifestations par la police
militaire, qui a été jusqu’à ouvrir le feu directement sur des manifestants,
a fait des dizaines de blessés et de nombreux morts. »
« Depuis le coup d’État de 2009, le Honduras a été plongé dans une crise
politique, économique et humanitaire. Les syndicalistes, les écologistes et
les peuples indigènes se sont trouvés aux devants de la lutte pour la
restauration de la démocratie et, conséquemment, ont été la cible d’actes
d’une violence extrême », a indiqué Sharan Burrow, secrétaire générale de la
CSI.
« Nous demandons instamment au gouvernement hondurien de suspendre
immédiatement les attaques violentes contre les citoyens qui exercent leur
droit constitutionnel et naturel à manifester pacifiquement. Pour résoudre
l’impasse électorale, le Honduras doit instituer un processus de recomptage
des votes, conformément aux recommandations des observateurs de l’UE, du
Haut-commissariat des droits de l’homme des Nations unies et d’autres
acteurs internationaux. »

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