• jeudi , 18 janvier 2018

Le Vatican se réunit avec des dirigeants syndicaux pour discuter des menaces qui pèsent sur le monde du travail

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Les participants à la réunion internationale rassemblant plus de 300 dirigeants syndicaux, convoquée par le Dicastère en vue de promouvoir le développement humain intégral et organisée par le Vatican, ont appelé les intellectuels, les chefs d’entreprise, les employeurs, la société civile, les organisations internationales et les gouvernements à agir en solidarité pour un développement intégral, inclusif et durable, avec « travail, terre et maison pour tous ».

Les deux journées de discussions sont résumées dans une déclaration sur la paix, la démocratie et les droits humains, approuvée par le Vatican et les dirigeants syndicaux, qui reconnaît la place centrale de l’être humain et le droit à un travail décent avec des normes internationales du travail pour tous.

Le modèle actuel de la mondialisation n’a pas tenu ses promesses vis-à-vis des travailleurs et des travailleuses, et a entraîné des niveaux historiques d’inégalité qui, conjugués à la numérisation et au changement climatique, présentent un certain nombre de problèmes préoccupants pour les travailleurs/euses. La mobilité humaine est l’un des défis majeurs de notre temps. Des millions de femmes, d’hommes et d’enfants sont forcés de quitter leur foyer et leur famille en raison de guerres, de la faim et de la pauvreté.

La déclaration servira de base à la négociation d’un nouveau contrat social entre les gouvernements, les entreprises et les travailleurs/euses. Les principes suivants ont été convenus:

– la liberté syndicale et la négociation collective sont des droits humains fondamentaux;

– la campagne mondiale sur les salaires lancée par les syndicats est essentielle pour garantir qu’aucun travailleur ne soit rémunéré en dessous du salaire minimum qui permet aux travailleurs/euses de vivre dignement;

– une protection sociale universelle et la garantie de services publics essentiels sont fondamentaux;

– la politique de l’extrémisme, y compris la xénophobie, le racisme et toutes les formes d’exclusion, doit être rejetée si nous voulons servir le bien commun.

L’intensification de l’automatisation, de l’individualisation, des inégalités, de la précarité, du chômage de masse, de la pauvreté et des phénomènes d’exclusion et de « rejet » des individus met en danger la «maison commune ». Ces tendances posent de sérieux défis à tous les acteurs sociaux et institutionnels et, en particulier, au monde du travail.  « Les syndicats se félicitent de la conduite du Pape François en faveur des droits et de l’égalité pour toutes les personnes et de la défense de notre maison commune. Dans un monde de plus en plus fracturé, où peu de chefs de gouvernement courageux donnent la priorité aux populations, tous les dignitaires religieux doivent se joindre aux syndicats et à la société civile pour négocier un monde pacifique et socialement juste. Le 70e anniversaire de la Déclaration des droits de l’homme des Nations unies revêt une importance toute particulière cette année, et cette déclaration constitue la base d’un modèle inclusif de développement garantissant la dignité du travail décent.

Les êtres humains doivent pouvoir vivre et se voir offrir la possibilité de mener une vie communautaire équitable et prospère grâce à leur travail, et les forces économiques doivent être placées au service de l’humanité dans le respect de l’environnement. Si nous ne construisons pas un avenir commun et durable, en protégeant et en préservant les droits et les possibilités des générations à venir, nous ne parviendrons pas à défendre nos valeurs », a

déclaré Sharan Burrow, secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale.

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