• vendredi , 23 février 2018

LES TRAVAILLEURS SONT SORTIS EN MASSE LORS DE LA MARCHE DE LA CNTS DU 23 JANVIER 2018

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PARU DANS LE JOURAL LE SOLEIL

Marche nationale de la Cnts : Les travailleurs réclament de meilleures conditions

 24 Jan 2018

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Marche nationale de la Cnts : Les travailleurs réclament de meilleures conditions

Les travailleurs affiliés à la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (Cnts) ont marché hier, de la Place de la Nation jusqu’au rond-point Doudou Ndiaye Coumba Rose, pour exiger une meilleure prise en charge de leurs principales doléances qui se résument en de « meilleures conditions de travail ».

Une marrée humaine emprunte l’Avenue du Général de Gaulle, direction le rond-point Doudou Ndiaye Coumba Rose en face du siège de la Rts. Tout le monde ou presque est habillé en rouge.

Ceux qui n’ont pas de tee-shirts rouges ont arboré des brassards ou casquettes de la même couleur. Les travailleurs sont au front. Ils marchent lentement mais sûrement, encadrés par des véhicules de la Police nationale. Une marche pour réclamer de meilleures conditions de travail. Dans cette foule, le vieux Salif Kane se distingue de par son accoutrement. Retraité de son état, M. Kane plaide pour une « revalorisation des pensions de retraite ». Les revendications des travailleurs affiliés à la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (Cnts) se résument à travers les pancartes brandies. « Qui arrêtera le patronat dans la vague de violation de la loi », « bourses familiales pour les travailleurs !!! A cause des salaires de misère ». Tous les secteurs d’activités : santé, éducation, collectivités locales, pêche, élevage, sont représentés à cette marche nationale des travailleurs. A la tête des marcheurs, le secrétaire général de la Cnts, Mody Guiro. Le syndicaliste Salif Kane indique que « le pays ne marche pas pour les travailleurs ». Dans les entreprises, les salaires ne tombent plus à temps, les accords que le gouvernement a signés avec les enseignants depuis plus de deux ans ne sont pas respectés. Beaucoup d’entreprises, dit-il, sont en difficulté. Parmi ce lot d’entreprises figure la société Etaperu, spécialisée dans la vente de matériel industriel et de pièces détachées automobiles. Les travailleurs réclament 15 mois de salaire. D’après un des leurs, Mme Sène, depuis octobre 2016, ils n’ont plus reçu de salaire.

72 heures de grève des travailleurs des collectivités locales
« Il faut que les gens sachent ce que nous vivons dans les entreprises. Nous n’avons plus de cotisations sociales. L’Etat doit venir vérifier ce qui se passe dans les entreprises. Les travailleurs sont fatigués », crie-t-elle fort comme pour se rendre audible au milieu du brouhaha.

Le même cri de détresse résonne chez les membres du syndicat des travailleurs de la pêche et de l’aquaculture. Leur secrétaire général, Abdoulaye Rose Dieng, dénonce « l’injustice salariale » dont les travailleurs de ce secteur sont victimes. Selon lui, les travailleurs de la pêche et de l’aquaculture sont « les plus mal payés » alors qu’ils nourrissent la population sénégalaise. La pêche est aussi un secteur pourvoyeur d’emploi. Malheureusement, dénonce M. Dieng, les travailleurs évoluent dans la précarité sans indemnités de risque encore moins d’heures supplémentaires alors qu’ils travaillent nuit et jour. Dans les collectivités locales, les travailleurs sont en mouvement. A partir d’aujourd’hui, informe le secrétaire général du Syndicat des travailleurs des collectivités territoriales, les travailleurs entament une grève de 72 heures. M. Khouma de fustiger le licenciement abusif d’agents dans certaines municipalités comme ce fut le cas dans la commune de Kaolack. L’école sénégalaise est aussi en ébullition. Plusieurs syndicats menacent d’aller en grève si l’Etat ne respecte pas les accords signés avec les enseignants. Le secrétaire générale du Syndicat des enseignants libres du Sénégal (Sels) rappelle que « l’école sénégalaise est à terre ». Souleymane Diallo accuse l’Etat d’être responsable de cette situation pour avoir signé des accords qu’il refuse de respecter. Les travailleurs affiliés à la Cnts veulent aussi une revalorisation des salaires. La plupart des conventions collectives qui régissent certains secteurs d’activités sont désuets. Elles doivent être revues, réclame Salif Kane. De la Place de la Nation où ils ont pris leur départ à 16h 15mn, les syndicalistes sont arrivés au rond-point Doudou Ndiaye Coumba Rose vers 17h 30. C’est là-bas qu’a pris fin la marche qui a été, tout le long du trajet, pacifique. Ainsi, Mody Guiro estime que le gouvernement va décrypter ce signal fort lancé par les travailleurs.

Aliou Ngamby NDIAYE

MODY GUIRO, CNTS : « NOUS VOULONS ÊTRE ENTENDUS »
Mody Guiro CntsLe secrétaire général de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (Cnts) s’est adressé au public à la fin de la marche devant le siège de la Rts. Mody Guiro s’est réjoui de la forte mobilisation des travailleurs.

Cela, dit-il, est « une alerte maximale » pour montrer que tous les secteurs d’activités sont en crise. « Nous voulons être entendus », a déclaré Mody Guiro. D’après M. Guiro, l’Etat doit revenir autour de la table pour une discussion franche sur le système d’indemnisation des agents. Ce système, exhorte-t-il, doit être revu en profondeur pour prendre en compte l’ensemble des préoccupations des travailleurs.

Le Sg de la Cnts ajoute que dans les entreprises, il y a des « abus flagrants » sur les droits des travailleurs avec à la clé un licenciement tous azimuts de délégués du personnel. Dans les secteurs bancaires et des télécommunications, dénonce Mody Guiro, des sociétés qui font des milliards de bénéfices ne recrutent plus. « Elles abusent avec des contrats à durée déterminée et des contrats de stage », déplore-t-il.

A. N. NDIAYE

ZIGUINCHOR A MARCHÉ CONTRE LA DÉGRADATION DU POUVOIR D’ACHAT
A l’appel de son bureau confédéral pour une marche nationale de sensibilisation sur le coût élevé de la vie au Sénégal, l’union régionale des syndicats de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (Cnts), sous la houlette de son secrétaire général Amadou Camara, a battu le macadam sous un soleil de plomb hier à Ziguinchor.

A travers cette marche pacifique, la volonté des responsables de l’union régionale des syndicats Cnts était de présenter clairement aux autorités locales, notamment le gouverneur, le préfet et l’inspecteur du travail, la situation sociale qui prévaut dans cette partie de la région méridionale du Sénégal. Leur leader Amadou Camara, qui s’en était chargé auprès du préfet du département de Ziguinchor, Ibra Fall, a révélé que le monde du travail est dans la tourmente à Ziguinchor, évoquant la dégradation continue du pouvoir d’achat des travailleurs, ainsi que la remise en cause permanente des droits et libertés syndicales. En conséquence, l’union régionale Cnts a réclamé un commissaire-priseur pour l’exécution des décisions de justice. Par ailleurs, le patron des syndicats Cnts de la région a déploré les violations graves dans les secteurs de l’éducation avec les écoles privées, du commerce, des industries alimentaires, de l’agriculture et du gardiennage « faute de convention collective ». Il n’a pas occulté le non-respect de la retraite à 60 ans, les licenciements abusifs, la généralisation des contrats à durée déterminée et les contrats de prestation de service dans la plupart des entreprises de la région.

Sur un autre registre, le secrétaire général de l’union régionale des syndicats Cnts a dénoncé les retards de salaires d’une partie du personnel de la chambre de commerce, le non-respect de la convention collective de l’enseignement privé par la direction du centre franco-arabe Thierno Marsassoum de Ziguinchor, le chômage technique auquel ont été envoyés les travailleurs d’Ikagel par « l’employeur sans concertation préalable avec les délégués du personnel ». De plus, Amadou Camara a condamné le fait que la direction de l’agence de sécurité du Sine Saloum basée à Ziguinchor fait fi de l’accord signé avec les travailleurs, déclarant être en règlement judiciaire depuis plus de 20 ans. En outre, M. Camara a souhaité l’application du décret relatif au nouveau statut du personnel de la santé et la mise en place d’une commission paritaire qui est demandée dans les meilleurs délais par le regroupement des chauffeurs et transporteurs de la région, « après l’expiration depuis 2014 du mandat du bureau de la gare routière de Ziguinchor ».

Un mémorandum contenant ces doléances a été remis au préfet Ibra Fall qui a assuré que le document sera transmis à qui de droit pour que des solutions puissent être apportées aux revendications des travailleurs de cette région.

El Hadj Moussa SADIO

 

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