• dimanche , 22 avril 2018

MESSAGE DE SOLIDARITE DE LA CSI-Afrique A L’OCCASION DU QUARANTIEME ANNIVERSAIRE DE LA NLC (NIGERIA LABOUR CONGRESS)

Partager cet article
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

 

GARDEZ LA FLAMME ALLUMEE !

 

 

L’Organisation Régionale Africaine de la Confédération Syndicale Internationale (CSI-Afrique) salue la NLC à l’occasion de la commémoration de son quarantième anniversaire.

 

GRANDS TRAVAILLEURS NIGERIANS,

 

Nous tenons à vous féliciter pour vos réalisations [exceptionnelles] ; votre capacité à surmonter les problèmes auxquels vous avez fait face ces dernières années ; votre ténacité et votre fidélité à lutter pour les intérêts des travailleurs nigérians.

 

[Nous estimons que] la création de la NLC en 1978, suite à l’unification de quatre centrales syndicales, a marqué une étape importante dans l’unité syndicale au Nigeria. Les dirigeants de ces centrales syndicales, notamment la NTUC (Nigeria Trade Union Congress), le LUF (Labour Unity Front), l’ULC (United Labour Congress) et le NWC (Nigeria Workers Council), se sont montrés sensibles au besoin des travailleurs nigérians de se doter d’une organisation syndicale remarquable et capable de défendre leurs intérêts.  Ils se sont taillé une place d’honneur dans l’histoire syndicale du Nigeria.

 

La NLC a hérité d’un [riche] passé de lutte et d’engagement de premières formations syndicales du Nigéria.

 

Nous nous souvenons de la lutte menée par les travailleurs à l’époque coloniale pour réclamer de meilleures conditions ; et de la grande contribution du mouvement syndical nigérian dans la lutte contre le régime colonial. La grève générale sans précédent de 1945, dirigée par le Camarade Pa Imoudu (qui porte le titre envié de Dirigeant Syndical Numéro Un) avait pour objectif de réclamer l’indemnité de vie chère.

 

Par ailleurs, nous nous souvenons de la lutte menée par la NLC dans les années 80 contre les Programmes d’Ajustement Structurel imposés par le Fonds Monétaire International à travers les régimes militaires et autoritaires. Il convient de nous souvenir également de la lutte sans relâche contre la mondialisation néolibérale caractérisée par des politiques de précarisation et d’externalisation d’emplois ainsi que des politiques de privatisation suivies des pertes massives d’emplois.

 

Comme nous le savons tous très bien, devant l’opinion publique, la NLC était devenue l’incarnation de la fameuse lutte contre la flambée de prix des carburants. En outre, elle avait participé au combat mené en faveur de la démocratisation au cours des années 1990.

 

La NLC occupe un rang de premier plan sur la scène africaine ; et lorsqu’il s’agit de témoigner sa solidarité, elle va souvent au-delà des déclarations d’intention. A titre d’exemple, au milieu des années 1980, la NLC, alors dirigée par le Camarade Ali Chiroma, a fourni, par l’intermédiaire du Conseil Syndical du Commonwealth, des ressources indispensables pour soutenir le mouvement syndical démocratique émergent en Afrique du Sud. Parmi d’autres exemples de solidarité internationale, on peut citer le ralliement de la NLC et de la COSATU (de l’Afrique du Sud) à la cause du peuple du Sahara Occidental ; elles avaient levé plus haut l’étendard de la solidarité des travailleurs africains en faveur de l’indépendance et de la libération de l’occupation marocaine.

 

En cette occasion, nous saluons surtout la NLC et les travailleurs nigérians pour la lutte menée par en faveur de l’emploi, du salaire minimum vital et de l’amélioration des prestations des services publics.

 

Dans l’ensemble, nous saluons l’exemple admirable de la NLC en tant que plateforme organisationnelle servant de grand symbole et cadre de l’unité et de la cohésion nationale au Nigéria. Apparemment, sous le régime militaire, la NLC était la seule organisation dépositaire des pratiques démocratiques qui reposent sur les masses.  Voilà pourquoi le rôle clé de la NLC en matière de promotion de la démocratie ne peut être sous-estimé.

 

La portée nationale de la NLC en termes de structures et de membres, et son non-ralliement aux tendances ethniques, religieuses et chauvinistes font d’elle une instance et une plateforme nationale pour la mobilisation de masse et la transformation. Des témoignages éloquents marquant les quarante ans d’existence de la NLC constituent une illustration du processus de construction nationale.

 

Cependant, il convient de souligner tout de suite que le parcours de la NLC n’a pas été facile, étant donné que ses grandes réalisations et réussites ont entraîné l’inimitié entre elle et les forces anti-ouvrières [ou anti-syndicalistes] constituées des classes dirigeantes et de leurs alliés. Cela n’a rien d’étonnant. Cependant, le renouvellement continu et la résolution ferme pour concentrer l’attention sur l’exercice du mandat de l’organisation s’avèrent indispensables.

 

Malgré ses grandes réussites et réalisations, la NLC fait encore face aux défis énormes. Elle a encore beaucoup à faire en termes de service aux travailleurs nigérians et africains. Les taux élevés actuels de chômage, les salaires de misère, la corruption et l’indécision des dirigeants investis de la responsabilité de servir le peuple constituent autant des problèmes auxquels la NLC doit s’attaquer pour faire avancer le Nigeria et pour apporter sa contribution au changement du sort des africains.

 

A l’instar de ses pairs africains, la NLC fait face à l’un des plus grands défis relatifs à l’organisation :

 

  • Organiser intensivement dans l’économie informelle en vue de ramener les travailleurs dans le rang des syndicats ;
  • Procéder à une grande participation des femmes et des jeunes aux activités des syndicats ;
  • Préserver l’unité au sein des syndicats ;
  • Œuvrer pour l’appropriation des syndicats par les travailleurs ;

 

L’unité [syndicale] est l’une des questions auxquelles la NLC doit veiller pour son avenir et son glorieux héritage. Il convient de noter que l’unité [syndicale] doit constituer notre préoccupation primordiale. La réalisation de nos objectifs communs dépend de l’unité [syndicale] et c’est la raison pour laquelle nous sommes ensemble. Par conséquent, les membres qui travaillent contre l’unité [syndicale] doivent comprendre que leur légitimité dépend du pouvoir et du mandat conférés par leurs membres. Autrement, la NLC est la grande famille où tous les travailleurs nigérians trouvent leur place.

 

En tant qu’organisation, il convient de noter que nous avons largement hérité ce dont nous jouissons aujourd’hui. La question que l’on doit se poser est de savoir ce que nous devons faire pour laisser à notre postérité un héritage [syndical] plus glorieux.

 

A l’occasion de ce quarantième anniversaire de la NLC, les dirigeants à tous les niveaux, y compris les affiliés, doivent se rappeler que diriger et servir sont à la fois un privilège et un honneur. Nous devons donc exercer le mandat que nous avons reçu et servir en toute conscience sans trahir les espoirs de ceux qui nous ont élus pour diriger.

 

A l’instar de l’Afrique, le Nigeria est encore en chantier.  En commémorant cet anniversaire, nous invitons chacun à renouveler son engagement et à redoubler ses efforts pour la reconstruction et le renouvellement de notre organisation et du mouvement syndical en général.

 

Nous saluons tous les dirigeants et les membres de la NLC pour cette grande commémoration et les invitons à rester fermes et résolus pour défendre les intérêts des travailleurs nigérians et africains.

 

VIVE LES GRANDS TRAVAILLEURS NIGERIANS !

 

LA LUTTE CONTINUE.

 

 

Le Secrétaire Général

         

Kwasi Adu-Amankwah

Février 2018

Related Posts