• mercredi , 22 septembre 2021

DECLARATION DE LA CNTS SUR LA SITUATION SOCIO ECONOMIQUE DU PAYS

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La Confédération Nationale des Travailleurs du Sénégal (CNTS) s’inquiète
de plus en plus de la situation socio-économique de notre pays et tire la sonnette
d’alarme quant aux conséquences sur la paix sociale.
Malgré la bonne volonté des organisations syndicales de travailleurs à
respecter leurs engagements contenus dans le Pacte national de Stabilité sociale
et d’Emergence économique, force est de constater que l’Etat et les employeurs
ne jouent pas le jeu pour l’apaisement du climat social.
En effet, nous assistons de plus en plus à des violations fréquentes de la
liberté syndicale dans des entreprises du service public.
C’est le cas au niveau du Ministère de la Pêche et de l’Economie Maritime
où le Secrétaire Général du Syndicat CNTS a été affecté à SARAYA dans des
locaux insalubres. Son seul tort est d’avoir revendiqué de meilleures conditions
de travail.
Au niveau de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise, les responsables
syndicaux de la CNTS et du SYNPICS ainsi que d’autres militants ont été relevés
de leurs fonctions et mis à la disposition de la DRH pour avoir participé à une
action syndicale.
Nous avons également constaté que sous le prétexte de la pandémie de la
COVID 19 qui est une situation exceptionnelle, des employeurs en profitent pour
procéder à des licenciements pour motifs économiques.
C’est le cas au niveau de l’Hôtel King Fahd Palace, où la Direction Générale
a licencié 76 travailleurs.
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Cette même direction refuse d’appliquer la rotation. Seuls 95 travailleurs
sont en chômage technique durant toute la période de la pandémie avec 50% de
leurs salaires, alors que 131 travailleurs permanents et 30 journaliers continuent
de travailler pendant toute la période avec un salaire de 100% ; ce qui constitue
une injustice sociale incompréhensible.
La signature récente d’un Pacte de Stabilité Sociale dans le secteur du
tourisme et du transport aérien n’a pas répondu à l’attente des travailleurs, malgré
les engagements des chefs d’entreprises.
Dans le secteur de l’éducation au-delà des accords signés non respectés qui
font grincer des dents, la question de la dotation des écoles en tenues scolaires,
sans aucune concertation avec les acteurs de l’éducation, se pose aujourd’hui
comme une nouvelle épine.
Dans le secteur de la santé, la vitesse de propagation du corona virus a atteint
une proportion inquiétante dans notre pays avec une moyenne de dix décès par
jour. Malgré l’expérience de notre pays en matière de gestion des épidémies et
les efforts du gouvernement en termes de prévention, le Sénégal se place parmi
les pays les plus touchés d’Afrique.
Pourtant, les braves travailleurs de ce secteur, ces soldats en première ligne
de la lutte contre la pandémie qui consentent d’énormes sacrifices, réclament le
paiement des sommes allouées comme primes pour la prise en charge des malades
dans les CTE.
Pendant ce temps, les travailleurs de la société MEDIS, la seule industrie de
fabrication de médicaments, sont dans le désarroi et ne comprennent pas pourquoi
l’entreprise tarde à démarrer malgré les instructions de Monsieur le Président de
la République.
Il en est de même des 89 travailleurs de SANOFI menacé de licenciement
dans cette période de concentration de toutes les forces pour lutter contre la
pandémie.
A la société des Grands Moulins de Dakar, la direction générale ne cesse de
s’immiscer dans les affaires syndicales et les dernières élections de délégués du
personnel ont encore été l’occasion pour cette dernière de s’illustrer.
D’ailleurs il a fallu la mise en demeure de l’Inspection régionale du Travail
et de la Sécurité sociale pour que la Direction de cette société accepte le résultat
des élections de délégués du personnel consacrant une large victoire de
l’Intersyndicale des travailleurs.
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A cela s’ajoute la hausse répétitive des prix, la spéculation et la rétention de
stocks de certaines denrées de premières nécessités avec de lourdes conséquences
sur le bien-être des populations déjà fortement éprouvées par la 3ème vague de la
pandémie de Covid 19.
Le sucre devient une denrée rare sur le marché et pourtant nos investigations
auprès de la direction de la Compagnie sucrière sénégalaise nous renseignent de
la disponibilité de ce produit en quantité.
Nous appelons la Direction du commerce intérieur à justifier le pourquoi de
la pénurie, car, l’Etat a l’impérieux devoir de protéger les populations contre
d’éventuelles spéculations sur les produits de consommation courante.
Dans les industries alimentaires, la dernière mesure gouvernementale à
savoir l’introduction d’une nouvelle taxe sur les bouillons menacent près de 5000
emplois au niveau de la société PATISEN, un leader dans les chaines
d’approvisionnement.
Dans le cadre de la reprise de la SDE par SEN EAU, les travailleurs avaient
revendiqué et obtenu une part dans le capital social de la nouvelle société. La
CNTS invite l’Etat du Sénégal, qui est le garant de ces accords, à prendre les
dispositions utiles et nécessaires pour faire libérer, par la SDE, par le biais du
Fonds communs, la part des travailleurs dans le capital.
Pour toutes ces questions qui rendent le climat social lourd la CNTS
interpelle le chef de l’Etat sur la nécessité de reprendre les choses en main à
travers le mécanisme d’un dialogue social inclusif pour mettre tout le monde en
confiance.
La CNTS se félicite du dénouement heureux du contentieux qui avait opposé
les travailleurs de l’Agriculture à leur Ministère de tutelle avec la signature du
protocole d’accord en date du 11 août 2021 octroyant à tous les agents du
ministère une indemnité spécifique de prise en charge agricole.
Enfin la CNTS salue le travail remarquable qu’abattent les techniciens de
surface à travers la belle coordination de l’UCG qui ont fini de rendre à la capitale
Sénégalaise son lustre d’antan.
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Dans cette même lancée il nous plait de magnifier la décision de l’Etat de
rendre justice aux ex-temporaires de la régie des chemins de fer tout en souhaitant
que ces efforts se poursuivent pour résoudre définitivement la question surtout
relativement aux cotisations de l’IPRES.
La CNTS invite l’Etat à accélérer le processus de reprise du trafic du Dakar
Bamako Ferroviaire qui est une revendication des deux peuples sénégalais et
maliens.
La CNTS demande au gouvernement de prendre les dispositions en vue de
doter les travailleurs des Stations d’essence de statut pouvant leur garantir un
travail décent.
Elle demande également aux Institutions de prévoyance sociale (IPRES,
CSS) la revalorisation des pensions, des rentes et des allocations familiales pour
aider ces couches vulnérables à mieux faire face aux difficultés de la vie.
La CNTS exhorte les populations en général et les travailleurs en particulier
à contribuer à la lutte contre la propagation du virus en se faisant vacciner et en
respectant toutes les mesures barrières notamment le port du masque, le lavage
des mains et la distanciation.
Pour terminer, la CNTS rappelle que la liberté syndicale et le respect de la
Convention 87 de l’OIT sont les fondements de son existence en tant
qu’organisation syndicale de travailleurs.
Par conséquent, elle ne peut accepter sa remise en cause sous quelques
formes que ce soient et usera de tous les moyens pour que les droits et les libertés
syndicales soient respectés.
Elle n’exclut aucune action, y compris le dépôt d’une plainte auprès de
Bureau Internationale du Travail, si ces dérives continuent à l’endroit des
travailleurs affiliés à notre organisation syndicale.


Fait à Dakar, le 12 aout 2021
LA CNTS

file:///Users/cntscnts/Downloads/DECLARATION%20du%2012%20Aout%20(1).pdf

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