• vendredi , 22 octobre 2021

HONG KONG: DISSOLUTION DE LA CONFEDERATION SYNDICALE HKCTU, AFFILIEE A LA CSI

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La CSI se déclare profondément attristée par la décision de son organisation affiliée, la Confédération des syndicats de Hong Kong (HKCTU), d’entamer une procédure de dissolution.

Au cours de ces derniers mois, la HKCTU et ses organisations membres ont dû faire face à des attaques et à des intimidations sans précédent, tout en étant accusées de contrevenir à la loi sur la sécurité nationale. La sécurité personnelle des responsables syndicaux est, elle aussi, menacée. 

Cette décision de la HKCTU confirme le processus de démantèlement de la société civile à Hong Kong depuis l’entrée en vigueur de la loi sur la sécurité nationale en juillet l’an dernier.

Les experts des droits humains des Nations unies ont déclaré que la loi de la République populaire de Chine sur la «sauvegarde de la sécurité nationale dans la région administrative spéciale de Hong Kong» n’était pas conforme aux traités internationaux relatifs aux droits humains. Les dispositions propres à la sécurité nationale introduites dans la législation considèrent comme des infractions toute une série de droits énoncés dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

Une histoire dont nous sommes fiers

Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI, a déclaré: «Depuis sa création il y a plus de trente ans, la HKCTU a énormément contribué à améliorer la vie des citoyens de Hong Kong, en obtenant une amélioration de la législation du travail, des salaires et de la protection sociale».

«Cette confédération s’est montrée solidaire des travailleurs d’autres pays, victimes de la répression. La dissolution est aujourd’hui la seule option qui lui reste, privant ainsi les travailleurs de leurs protections fondamentales garanties par le droit international.»

«Nous condamnons les poursuites et l’emprisonnement des responsables syndicaux, ainsi que les récentes menaces dont sont victimes les syndicalistes de Hong Kong. Les autorités chinoises ont également accusé la HKCTU de « collusion » pour s’être affiliée à la CSI et avoir coopéré en toute légitimité avec des syndicats de pays tiers, alors que l’affiliation et la coopération internationales sont protégées par la Convention 87 de l’OIT relative à la liberté syndicale.»

«Il est particulièrement inquiétant de constater que la campagne menée par les médias à la solde de l’État chinois, visant à étiqueter d’agents étrangers les syndicats nationaux et internationaux, les organisations de défense des travailleurs et leurs militants, en vertu de l’article 43 de la loi sur la sécurité nationale, obligera de plus en plus de syndicats et d’organisations de travailleurs à mettre fin à leurs relations avec leurs homologues internationaux.»

Libertés fondamentales

Depuis le mois d’août, plusieurs organisations hongkongaises – le syndicat des professionnels de l’éducation, le syndicat général des orthophonistes et l’organisation de défense des travailleurs Asia Monitor Resource Center – ont décidé délibérément de procéder à leur dissolution.

Le secrétaire général de la HKCTU, Lee Cheuk-yan, qui purge actuellement une peine de prison pour avoir participé à des rassemblements publics, doit à présent répondre de nouvelles accusations pour avoir prétendument incité à la subversion en sa qualité de président de l’Alliance de Hong Kong, en vue de soutenir les mouvements démocratiques patriotiques en Chine. Cette alliance est la principale organisation à avoir entériné le principe «un pays, deux systèmes» à Hong Kong, qui demande de respecter les différentes opinions, les diversités et les libertés fondamentales.

En juin dernier, la Commission de l’application des normes de la Conférence de l’OIT a demandé aux autorités de prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir le droit des organisations de travailleurs de mener leurs activités conformément à la Convention 87 de l’OIT. Ce même mois, le Comité de la liberté syndicale (CLS) de l’OIT a demandé au gouvernement de garantir aux syndicalistes le droit de mener leurs activités sans faire l’objet de violence ou d’intimidation, dans le cadre d’un système garantissant le respect des libertés civiles. 

La CSI demande aux autorités chinoises et hongkongaises de cesser toutes les poursuites et intimidations des syndicalistes et défenseurs des libertés fondamentales, et de libérer ceux qui, parmi eux, ont été emprisonnés.

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