• jeudi , 9 décembre 2021

IL EST TEMPS QUE LA BANQUE MONDIALE ET LE FMI EMBRASSENT LE PLEIN EMPLOI DECENT

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Les gouvernements se sont réunis cette semaine pour les réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale, alors que les prévisions économiques indiquent un recul de l’emploi par rapport à la croissance.


Un déficit de vaccins est constaté au niveau mondial ainsi qu’une pénurie de travail décent qu’il convient de résoudre pour éviter une décennie perdue pour les travailleurs.

En amont des réunions, les FMI avait étendu l’annulation de certains remboursements de prêts et adopté la mesure cruciale d’allouer 650 milliards USD en droits de tirage spéciaux (DTS), un actif de réserve international. Cette allocation avait déjà injecté une liquidité plus que nécessaire et libéré des ressources dans les pays en développement pour leur réponse à la crise.

Il est possible d’en porter les bénéfices au maximum en réaffectant des DTS de pays à revenu élevé vers des pays en développement sous pression. Lors des réunions annuelles, les gouvernements et le FMI ont convenu de créer à cette fin un Fonds fiduciaire pour la résilience et la durabilité. La Banque a ajouté 8 milliards USD supplémentaires pour le financement de vaccins et elle met à jour sa stratégie sur la protection sociale et les emplois.

Action audacieuse

La secrétaire générale de la CSI, Sharan Burrow, a dit : « Dans les mois à venir, les campagnes de vaccination et le soulagement de la dette des pays en développement sont à accomplir d’urgence afin de permettre une reprise menée par l’emploi. Celle-ci sera également rendue possible par une action audacieuse dans le but de parvenir à une protection sociale universelle et de créer des emplois dans le cadre de la transition vers une économie mondiale zéro-carbone net.

« Le FMI devrait lancer au plus vite le Fonds fiduciaire pour la résilience et la durabilité et y recourir pour soutenir la transition juste accompagnée d’une création d’emplois verts. Pour atteindre ses objectifs de prospérité partagée et d’éradication de la pauvreté extrême, l’approche de la Banque quant à la protection sociale et à l’emploi devrait s’aligner sur les normes internationales et les Objectifs de développement durable. Il est clair que les deux institutions doivent voir le plein emploi décent comme un guide pour toutes leurs politiques. »

Le mouvement syndical international a préconisé un ensemble complet de mesures que les institutions financières internationales peuvent adopter en vue de soutenir une reprise et une transition justes, passant par une production et une distribution accélérées de vaccins et plaçant le dialogue social et les droits du travail au cœur de l’action climatique. Cette déclaration appelle à la suspension ou à l’élimination des surtaxes sur les prêts du FMI, lesquelles font peser un fardeau injuste sur les pays en crise. Les discussions ont progressé mais aucune décision n’a été prise en la matière.

Respect des normes du travail

Les normes du travail de la Banque mondiale et de son bras pour le secteur privé, la SFI, sont importantes dans la manière dont cette institution s’est engagée à protéger les droits des travailleurs dans les prêts qu’elle octroie. Cela fait cependant plus d’un an qu’elle n’a pris aucune mesure après le licenciement des dirigeants syndicaux du Sheraton Grand Conacry, financé par la SFI, en représailles pour avoir constitué un syndicat.

Dans sa réponse à la pandémie, la Banque a augmenté son recours à des prêts de politique de développement. Ces prêts apportent un financement aux gouvernements s’ils mettent en place des réformes politiques, et ils ne relèvent pas des garanties en matière de normes du travail.

« Nous exhortons les institutions financières internationales à promouvoir et respecter les normes internationales du travail et à tenir compte de l’ODD 8 dans toutes leurs opérations. Les institutions devraient adopter des mesures immédiates en ce sens, la Banque mondiale devant notamment renforcer la mise en œuvre des garanties en matière de normes du travail et contrôler que les prêts de politique de développement soient dûment alignés sur les conventions de l’OIT.

« Le Fonds peut adopter des procédures concernant ses prêts et ses conseils en matière de politiques qui garantissent le respect des droits fondamentaux du travail, y compris la négociation collective, et s’efforcent systématiquement de lutter contre les inégalités. Les deux institutions devraient actualiser leurs stratégies concernant la croissance inclusive, les emplois et la protection sociale pour répondre aux besoins actuels », a ajouté Sharan Burrow. 

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