• vendredi , 20 octobre 2017

CNTS

Présentation de la CNTS

Créée en août 1969, la Confédération Nationale des Travailleurs du Sénégal (CNTS) est l’héritière de toutes les traditions de luttes qui ont jalonné l’histoire du mouvement syndical sénégalais.

Elle se définit comme une organisation démocratique, édifiée sur la base de la défense des intérêts et des aspirations convergents de tous les travailleurs, sans discrimination aucune.

Ses objectifs majeurs se traduisent par les luttes qu’elle mène pour :

  • garantir à tous, travailleuses et travailleurs, un niveau de vie normal compte tenu de leurs besoins;
  • réduire les inégalités sociales;
  • préserver et promouvoir l’emploi;
  • assurer le progrès social pour vivre mieux;
  • éliminer les injustices et les incohérences du système économique   national et international, ce qui suppose un nouveau type de développement fondé sur une conception du travail, mettant au premier plan la place, le rôle et les droits des travailleurs dans l’entreprise, dans la vie économique et dans la société.

Ces grands principes trouvent leur traduction dans l’évolution de l’orientation, du cadre institutionnel et des structures de l’organisation.

Un point d’histoire

La CNTS est née dans un contexte de troubles socio-politiques consécutifs aux événements de mai 1968. La dissolution de la puissante organisation unitaire, l’Union Nationale des Travailleurs du Sénégal (UNTS), aura permis au gouvernement de l’époque de mettre sur pied, avec l’appui de ses alliés travailleurs, une centrale syndicale dont la doctrine est fondée sur la « participation responsable ».

Tout au long de cette période expérimentale de la « Participation Responsable », personne ne pouvait déclencher un quelconque mouvement de protestation ou de grève, sans être traité d’anti-national.

Les libertés syndicales au sein de la Centrale étaient confisquées, la démocratie étranglée, l’élection des responsables à tous les niveaux sévèrement contrôlée par le Bureau Confédéral, voire le Bureau Politique du Parti (UPS).

La naissance du Renouveau Syndical dont le premier Manifeste fut diffusé le 08 Février 1981, constitue le tournant historique qui mit un terme à cette politique et à cette orientation syndicale qui avait tourné le dos à la défense des revendications des travailleurs.

Le mouvement du Renouveau Syndical bouscula de vieilles pratiques et des comportements solidement établis, remobilisa les masses ouvrières et redonna confiance aux travailleurs de tous les secteurs professionnels. Ainsi, la poussée vers la démocratisation de la Centrale était irrésistible.

Cet objectif fut atteint en Avril 1982 au cours du congrès historique à partir duquel la CNTS devint plus autonome et plus démocratique dans son fonctionnement et ses structures, plus libre dans le choix de son orientation et de ses dirigeants, débarrassée de la subordination paralysante des forces politiques, imprimant à la Participation Responsable une dynamique nouvelle en fonction des mutations, en cours, dans le monde et dans la société pour la transformer en une stratégie de développement.

Organisation de masse, la CNTS entreprit, depuis lors, de rassembler tous les travailleurs de tous les secteurs professionnels qui ont les mêmes intérêts même s’il y a entre eux des différences idéologiques et des choix politique très divers, car les travailleurs se rassemblent sur la base d’une réalité plus forte que toute autre. Cette orientation confère à la CNTS le titre d’organisation syndicale la plus représentative du Sénégal (70%) des syndiqués de tous les secteurs professionnels.

Organisation d’avant-garde, la CNTS regroupe les grandes masses de travailleurs sur la base de leurs intérêts immédiats et en vue de leurs intérêts généraux. C’est cette conception qui détermine, de nos jours, la lutte qu’elle mène contre le diktat des forces de la haute finance (Banque Mondiale- FMI ) et les lois du marché international.

Structures de la CNTS

Elle traduit sur le plan des formes d’organisation, les principes fondamentaux de la décentralisation.

La base fondamentale de la CNTS est le syndicat professionnel, au nombre de 88, eux-mêmes regroupés en fédérations.

Sur le plan vertical, ce sont les organisations nationales de base qui se retrouvent à travers leurs délégués dûment mandatés en Congrès Confédéral (tous les 5 ans), après renouvellement, tous les 4 ans, du syndicat national.

Au plan horizontal, les sections départementales et régionales de ces syndicats constituent des unions.

Cette structuration de la CNTS trouve sa justification dans la nécessité d’une double coordination des efforts des organisations de base, notamment pour toutes les questions débordant le cadre du seul syndicat.

C’est ainsi qu’il existe 14 unions régionales des syndicats CNTS et trente unions départementales.

Les organes et instances de direction sont:

  • le Congrès Confédéral qui se tient tous les 5 ans
  • le Conseil Central constitué par les représentants élus des syndicats professionnels
  • le Comité Central choisi dans les mêmes conditions, et
  • le Bureau Confédéral, tous élus par le Congrès. Il se réunit une fois par mois  et chaque fois que de besoin.

Il faut toutefois reconnaître que c’est à l’entreprise ou au service que se mènent les premières actions pour la défense et l’amélioration des conditions de travail et de vie.

Les problèmes qui revêtent un caractère plus général notamment ceux découlant de la politique économique et sociale du Gouvernement et/ou du patronat (fiscalité, sécurité sociale, augmentation de salaire etc.) sont pris en charge par la Centrale et ses organes ou instances de direction.

Affiliations / Coopération internationale

La CNTS est affiliée :

  • à la Confédération Syndicale Internationale – Région Afrique (anciennement Organisation Régionale Africaine de la CISL (ORAf-CISL), où son Secrétaire Général est le Président ;
  • à la Confédération Syndicale Internationale (anciennement Confédération Internationale des Syndicats Libres (CISL) où son Secrétaire Général est membre du Comité Exécutif.
  • à l’Organisation de l’Unité Syndicale Africaine (OUSA) dont elle est membre fondateur;
  • à l’Organisation des Travailleurs de l’Afrique de l’Ouest (OTAO) dont elle assure le poste de Secrétaire Général adjoint
  • à l’Organisation des Travailleurs de l’OMVS (Organisation de Mise en Valeur du Fleuve Sénégal)
  • à la Coordination des Centrales syndicales des pays membres de l’UEMOA

En outre, elle entretien des relations d’amitié, de solidarité et de coopération avec des organisations nationales par le biais de l’Intersyndicale, et internationales, sur la base du respect mutuel et de la non  ingérence.

Les femmes travailleuses et les jeunesses ouvrières

Consciente que les femmes travailleuses et les jeunes ont plus que jamais besoin des syndicats pour faire valoir leurs droits, exprimer leurs besoins, améliorer leurs salaires et leurs conditions, la CNTS depuis 1982, a fait de l’égalité et de la promotion des femmes et des jeunes un défi prioritaire de ses activités.

C’est ainsi que les aspirations et les demandes des femmes travailleuses et des jeunes occupent une place prépondérante dans sa politique et ses programmes. La participation des femmes et des jeunes à tous les niveaux de prise de décision, dans la composition des organes et instances de direction de la Centrale illustre parfaitement leur égalité avec les hommes dans le mouvement syndical.

Très actives dans plusieurs syndicats (Alimentation, Enseignement, Santé, Collectivités locales, hôtellerie, etc.), les femmes dirigent des organisations mixtes et de cadres intellectuels.

Les Comités nationaux et régionaux des femmes travailleuses et des jeunesses ouvrières, constituent des cadres privilégiés de réflexion et de gestion de leurs problèmes spécifiques.

L’information et la Communication

De nos jours, la presse est devenue le plus puissant et le plus efficace moyen de communication et de propagande d’une organisation.

Il est le véhicule privilégié et une arme redoutable dans la bataille des idées. A cela s’ajoute le vecteur d’éducation et de formation pour l’éveil de la conscience des travailleuses et travailleurs.

La CNTS dispose d’un Organe Central de communication « LUTTES OUVRIERES » qui est le moyen d’expression de masse par lequel elle apporte aux travailleurs, aux syndiqués, aux militants les informations et les idées dont ils ont besoin pour mener le combat quotidien.

En effet, nous vivons une situation politique, économique et sociale complexe qui nécessite pour chaque travailleur une prise de conscience de sa condition.

C’est l’objectif et la raison d’être de LUTTES OUVRIERES qui s’adresse à tous les travailleurs pour leur donner les informations et opinions de la Centrale sur toutes les questions qui les interpellent.

La CNTS dispose également d’un site web  http://www.cnts.sn

et d’une page facebook disponible à l’adresse https://www.facebook.com/cnts.cnts.5?ref=br_tf

L’Education syndicale

La grande préoccupation du mouvement syndical demeure la formation des cadres syndicaux aptes à défendre les travailleurs dans les entreprises, capables de gérer les conflits individuels et collectifs.

C’est pourquoi la priorité que la CNTS accorde à la formation de ses adhérents, des militants de base, des cadres intermédiaires et des dirigeants participe de son souci constant d’aider les travailleurs à mieux comprendre leur environnement et à assumer leurs responsabilités.

Cette préoccupation se justifie beaucoup plus encore de nos jours, du fait de la multiplication des défis qu’imposent la crise économique et ses conséquences.

En effet, du fait de cette crise, les préoccupations des travailleurs prennent une dimension toute particulière qui englobe les problèmes du chômage, de la dégradation du pouvoir d’achat, des spéculateurs sur les prix, des violations des droits syndicaux et de la législation du travail, de la remise en cause des acquis, de la privatisation sauvage et de la libéralisation du marché, de l’extension de la pauvreté jusque dans les couches moyennes des populations etc.

Face à toutes ces agressions, il faut que les travailleurs puissent organiser une riposte conséquente que seule une préparation bien faite peut garantir.

C’est en cela que la politique d’éducation et de formation liée à une action bien réfléchie permet d’affiner la conscience des travailleurs dans l’assumation de leurs responsabilités. C’est grâce à l’éducation et à la formation que les travailleurs ont une claire vision des problèmes et de leur complexité.

Pour la mise en oeuvre de sa politique éducative, la CNTS dispose d’un cadre institutionnel qu’est l’Institut National d’Education et de Formation Ouvrière (INEFO), un Comité mixte d’éducation et une direction chargés de la conception, de l’exécution et de l’évaluation de son programme éducatif articulé sur trois niveaux : la formation de base, le niveau et la formation spécifique. Toutes ses actions sont menées avec le soutien de la coopération et de la solidarité internationales.

L’un des actes majeurs du 9ème congrès confédéral de la CNTS est la réforme de notre Institut national d’éducation et de formation ouvrière dans son fonctionnement et sa gestion.

 

La mise en place d’un Comité pédagogique chargé de conduire cette réforme en constitue la grande innovation.

 

A cet égard, ce comité a initié « Les après-midi de la Cnts », (reprise aujourd’hui par le Comité des jeunesses Ouvrières) une nouvelle formule de formation permanente et décentralisée permettant de renforcer les capacités d’un très grand nombre de militants à la base.

 

Egalement, avec la coopération syndicale internationale, il entend organiser dans le cadre de son plan d’actions, des séminaires de haut niveau destinés aux leaders syndicaux.

 

La mise en œuvre de ce plan d’action par le Comité pédagogique démontre tout l’intérêt que notre Centrale accorde à l’éducation et à la formation de ses militants.

 

Réalisations et perspectives 

Au-delà de l’action revendicative, la CNTS a également initié des actions de développement qui lui ont permis de mettre en place un réseau de coopératives ouvrières de panification, de teinturerie, des groupements d’achat et la mise en oeuvre de nombreux projets de développement pour les travailleurs déflatés du secteur industriel.

La dernière en date était Mutuelle d’Epargne et de Crédit pour la Solidarité Ouvrière (MECSO)

 

La mutuelle d’épargne et de crédit pour la solidarité ouvrière (MECSO) a été mise en place dans le but de permettre aux travailleurs d’accéder aux services financiers de proximité.

 

Elle est née de la volonté des responsables de la CNTS, suite à la fermeture de plusieurs entreprises de pêche et d’industries textiles pourvoyeurs de main d’œuvre surtout féminine.

 

Face à l’ampleur de cette situation, la CNTS consciente de son rôle de mouvement social d’avant-garde a estimé devoir accompagner ces nouveaux types de travailleurs dans leur reconversion économique par le financement de petit commerce, étant entendu que les banques n’offrent pas de crédit sans garantie.

 

Ces acquis ont été obtenus grâce aux  négociations avec les pouvoirs publics et le soutien de partenaires internationaux.

L’autonomie d’action de la CNTS lui a valu de diriger de nombreuses grèves dans tous les secteurs professionnels et de conduire avec succès des négociations qui, chaque année, aboutissent à des augmentations de salaires, à la signature d’accords d’établissement, à la réouverture de plusieurs entreprises en difficultés, à la co-gestion de l’autonomie des institutions de prévoyance sociale (Caisse de Sécurité Sociale, Institution de Prévoyance Retraite du Sénégal).

La participation de la CNTS à la lutte contre le VIH/SIDA

 

La pandémie du Vih/sida est très préoccupante de par son ampleur et ses conséquences économiques et sociales et doit mobiliser tous les acteurs dans la recherche de la réponse,  particulièrement les travailleurs et les travailleuses de tous les secteurs.

 

Les deux tiers des quarante millions de personnes qui vivent avec le Vih appartiennent au monde du travail, secteur formel et informel confondus.

 

Face à cette situation alarmante, notre centrale syndicale, a mis en place le 17 juillet 2003, le Comité Syndical National de Lutte contre le Vih/Sida en milieu du Travail (COSYNAL/SIDA) pour participer, non seulement à la lutte nationale contre le Vih/sida, mais encore et surtout à œuvrer pour mieux protéger les travailleurs contre cette pandémie.

 

Il répond, également, à un besoin pressant de la centrale dans le cadre de sa mission de préservation et de défense de la santé des travailleurs mais aussi de participer à la lutte contre la pandémie.

 

Le Cosynal/Sida de la Cnts, s’inspirant du nouveau Recueil de directives pratiques sur le Vih/sida et le monde du travail, a pour objectif d’une part, de donner un coup d’accélérateur aux efforts visant à enrayer la propagation du Vih, à maîtriser l’impact et porter assistance à ceux qui en souffrent.

 

D’autre part, il tente de mettre fin à la réprobation sociale et à la stigmatisation et à la discrimination auxquelles l’épidémie donne lieu.

 

Structuration

 

Le COSYNAL/SIDA est composé de membres désignés par les secrétaires généraux des de 88 organisations professionnelles affiliées à cette centrale . C’est une initiative qui a été prise à l’issue d’un séminaire international avant l’engagement de l’organisation internationale du travail dans la lutte contre cette pandémie en milieu du travail . Le COSYNAL est composé d’un président, d’un vice président, d’une coordinatrice  et de 10 secrétaires  Chaque union régionale est représentée au sein du bureau.

 

De grands chantiers ont été initiés par la CNTS, tels que la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM) (dont le gouvernement actuel s’est inspiré pour créer l’Institut de Coordination de l’Assurance Maladie Obligatoire (ICAMO), la Centrale d’Achat qui devait reprendre le relais de la SONADIS, la création d’un Fonds National de Solidarité Emploi/Retraite, qui devait permettre aux travailleurs de bénéficier d’une retraite complémentaire et d’un financement pour mener des activités génératrices de revenus.

 

Pour contribuer à la réinsertion des femmes travailleuses déflatées de la SOSECHAL depuis les années 80, la CNTS a mis en place, grâce à la coopération avec les syndicats italiens, une fabrique de glace au quai de pêche de Ziguinchor au profit de ces dernières qui fournissent la glace aux nombreuses pirogues de pêches.

 

La coopération syndicale internationale a permis aussi de mettre à la disposition des populations de Goriki Samba Diom et de Bokhol des périmètres de terres irriguées grâce au système du goutte à goutte, des magasins de stockage et de l’énergie solaire par photovoltaique.

 

Aujourd’hui des milliers de femmes des régions de Matam et Saint Louis bénéficient de ses installations entièrement mises à leur disposition.

 

Un point d’actualité

La CNTS a tenu son 8ème congrès les 17 et 18 Novembre 2001. A cette occasion, le camarade Mody GUIRO a été élu Secrétaire Général suite au retrait volontaire du camarade Madia DIOP qui a pris sa retraite syndicale. Le congrès a également pris la décision majeure de se désaffilier du Parti socialiste et de supprimer l’orientation de la participation responsable, parachevant ainsi l’autonomie et l’indépendance de la Centrale.

Depuis lors, la CNTS dirigée par un Bureau Confédéral rajeuni à plus de 80%, consolide chaque jour davantage sa position sur l’échiquier syndical national, malgré les multiples formes d’attaques et de tentatives de déstabilisation dont elle fait l’objet.

Cela s’est encore confirmé lors des élections générales de représentativité syndicale tenue en 2011 où elle est sortie largement vainqueur avec près de 40% des voix.

La CNTS reste également ouverte comme par le passé, à la coopération syndicale internationale dont la forte solidarité a été profondément ressentie pendant les dures moments des luttes contre les tentatives de caporalisation du mouvement syndical le plus représentatif du Sénégal.